Archives de catégorie : Articles personnels

Le langage du corps … cause toujours ?

Frapper à la porte d’un cabinet de psychothérapie est souvent une façon de répondre à un besoin urgent de mieux être. L’envie de se libérer de ses peurs, ou de ne plus être harcelé par du stress ou encore de pouvoir être légitime dans sa vie. Nous avançons souvent ensemble sur des chemins ardus et je me fais l’effet d’un éclaireur. J’allume quelques lumières et vous emboîtez le pas courageusement.

La vidéo d’Amy Cuddy est, en cela, intéressante et peut aussi être une piste de travail. Par exemple, si votre objectif dans la vie est de vous sentir légitime et de vous reconnecter avec votre puissance créatrice, pourquoi ne pas commencer par l’inscrire dans votre corps ? Pourquoi ne pas commencer par ancrer dans chacune de vos cellules, la posture qui exprime au mieux cette puissance et cette légitimité ? Pour certains, ce sera de bomber le torse. Pour d’autres, de retrouver une verticalité. Ou encore, d’être conscient de la puissance de l’air que vous inspirez et qui traverse et nourrit chaque partie de votre corps.

Nous agissons sur notre corps. Mais, quelle conscience avons-nous de la façon dont notre corps agit sur nous ? Travailler uniquement sur notre psyché se résumerait à travailler sur une part infime de ce que nous sommes. Ceci peut vous permettre de réfléchir à votre vision anthropologique de l’homme ? Juste une tête ? Ou pouvez-vous intégrer également le corps et toutes les émotions qui s’y rattachent ?

A vivre. A expérimenter.

 

« Chaque personne ayant une pratique de la thérapie en arrive à la conclusion que les débats sur la dualité psyché/soma est artificielle. Rien n’est jamais purement psychologique, rien n’est jamais purement somatique. Les deux forment notre personne et s’influencent mutuellement. »

Ariane Selz, préface à l’ouvrage de Ruella Frank « Le corps comme conscience », Editions l’Exprimerie

Découvrez en plus : http://www.ted.com/talks/amy_cuddy_your_body_language_shapes_who_you_are

Virginie Comte

Fêtons le collectif !

« Il était une fois un Roi et une Reine, qui étaient si fâchés de n’avoir point d’enfants, si fâchés qu’on ne saurait dire. Ils allèrent à toutes les eaux du monde; vœux, pèlerinages, menues dévotions, tout fut mis en œuvre, et rien n’y faisait. Enfin pourtant la Reine devint grosse, et accoucha d’une fille : on fit un beau Baptême, on donna pour Marraines à la petite Princesse toutes les Fées qu’on pût trouver dans le Pays (il s’en trouva sept), afin que chacune d’elles lui faisant un don, comme c’était la coutume des Fées en ce temps-là, la Princesse eût par ce moyen toutes les perfections imaginables. »

En cette période de fêtes, nous réactivons la symbolique du don. Au travers des vœux, des cadeaux, des étrennes ou encore des invitations. A l’heure où les journées sont bien souvent les plus sombres, nous allumons des lampions, plaçons des bougies et ouvrons nos cœurs et nos mains, c’est l’heure de faire don de soi… enfin presque ! Car pour nombre d’entre nous, les fêtes représentent une véritable corvée. 72% des Français déclarent même préférer passer les fêtes de fin d’année avec leur propre famille plutôt qu’avec celle de leur conjoint(e) (Source : sondage OpinionWay pour EnvoiMoinsCher.com).

Tout est corvée : acheter les cadeaux, recevoir, être accueilli, festoyer, préparer, se déplacer … corvée voire même souffrance pour certains! Celle que l’on traîne depuis des années et qui se répète inlassablement. Car c’est à travers nos souvenirs d’enfance que nous appréhendons ces fêtes. Et c’est cette souffrance qui se réactive chaque année.

Alors, comment faire du neuf ?
Comment sortir de nos besoins individuels vers lesquels la société tout entière nous entraîne. Les fêtes de fin d’année nous rappellent que nous ne sommes pas des individus isolés. Nous sommes connectés. D’ailleurs, n’est-ce, pas l’un des enjeux de toute démarche de développement personnel : se perfectionner soi-même pour être davantage en relation avec les autres et vivre une meilleure relation plus nourrissante ?

A Noël nous est rappelée la nécessité de solidarité, puisque le solstice d’hiver est le moment dans l’année où l’aventure humaine ressent le plus vivement sa fragilité. Pour le comprendre, il nous faut tenter de retrouver ce sentiment qui étreignait les sociétés préhistoriques à mesure que les jours rétrécissaient et que la nuit froide gagnait jour après jour. Offrir, alors, est le signe du soutien réciproque. Il est également le moyen d’illustrer l’abondance qu’annonce le retour de la lumière. Les jours rallongent, le monde sort des ténèbres, la vie revient avec sa prodigalité et ses promesses.

« Tout le processus de transformation de l’homme est en effet un processus d’ouverture … tant qu’il y a peur, crispation, fermeture, tant que le cœur est partagé, c’est-à-dire divisé dans la dualité, non ouvert, la lumière ne peut entrer. »

Je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année !
Puisse la lumière rayonner dans vos cœurs et dans celui de vos proches!

Virginie Comte

Test du Burn-out de Maslach

Qu’est-ce que le burn out ou syndrôme d’épuisement professionnel ?

« Le burn-out est un état psychologique, émotionnel et physiologique résultant de l’accumulation de stresseurs professionnels variés. Le burn-out trouve ses racines dans le temps, c’est-à-dire qu’il se manifeste en réponse à une quantité de stresseurs qui se répètent continuellement et s’inscrivent dans la durée »

Christina Maslach

Christina Maslash est une psychologue américaine spécialisée dans les domaines de l’épuisement et le stress au travail, et de l’individuation de l’influence sociale. Elle est reconnue comme l’une des chercheuses d’avant-garde sur les offres d’épuisement, et l’auteur du Maslach Burnout Inventory.

Je vous invite à découvrir le « Test de Burn Out » développé par Christina Maslash. Ce test permet d’évaluer votre score dans les domaines de l’épuisement professionnel, de dépersonnalisation ou encore d’accomplissement personnel. Vous pouvez parcourir les questions, tenter d’y répondre …
Je reste à votre écoute pour tout échange sur la base de ce test ou pour aller un peu plus loin dans vos questionnements.

 Je me sens émotionnellement vidé(e) par mon travail

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

Je me sens à bout à la fin de ma journée de travail

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

Je me sens fatigué(e) lorsque je me lève le matin et que j’ai à affronter une autre journée de travail

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

 Travailler avec des gens tout au long de la journée me demande beaucoup d’efforts

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

Je sens que je craque à cause de mon travail

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

Je me sens frustré(e) par mon travail

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

 Je sens que je travaille « trop dur » dans mon travail

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

Travailler en contact direct avec les gens me stresse trop

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

Je me sens au bout du rouleau

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

Je sens que je m’occupe de certains patients/clients/élèves, etc de façon impersonnelle, comme s’ils étaient des objets

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

Je crains que ce travail ne m’endurcisse émotionnellement

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

 Je ne me soucie pas vraiment de ce qui arrive à certains de mes patients/clients/élèves, etc

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

 Je peux comprendre facilement ce que mes patients/clients/élèves ressentent

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

 Je m’occupe très efficacement des problèmes de mes patients/clients/élèves

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

 J’ai l’impression à travers mon travail d’avoir une influence positive sur les gens

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

Je me sens plein(e) d’énergie

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

J’arrive facilement à créer une atmosphère détendue avec mes patients/clients/élèves

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

 Je me sens ragaillardi(e) lorsque dans mon travail j’ai été proche de patients/clients/élèves

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

 J’ai accompli beaucoup de choses qui en valent la peine dans ce travail

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

 Dans mon travail, je traite les problèmes émotionnels très calmement

  1. Jamais
  2. Quelques fois par an, au moins
  3. Une fois par mois au moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

Petite mort pour grande renaissance

Au fur et à mesure que les journées se raccourcissent, nous nous approchons du Solstice d’Hiver. A travers l’étude des solstices, nous découvrons que l’Univers et l’existence humaine sont régis par des cycles. Jour et nuit. Croissance et décroissance. Systole et diastole. Eté et hiver. Vie et mort. Au travers de ces trois derniers mois de l’année, avec cette lumière qui décroît, avec cette nature qui se retire, avec l’approche de la fin de l’année nous expérimentons une ou plusieurs petites morts.

Car rien n’est stable dans ce monde, tout bouge. Le temps change d’une minute à l’autre. La terre tourne irrémédiablement autour du soleil et opère une rotation sur elle-même. L’univers évolue et tout ce qu’il contient aussi : les étoiles notamment. Ce qui est vrai au niveau macroscopique est vrai au niveau microscopique. Si vous regardez de façon atomique une table que nous pouvons tous imaginer immobile, nous verrons ses atomes vibrer, ses électrons bouger. Nous vivons dans un environnement en perpétuelle évolution.
Nous-mêmes sommes soumis aux mêmes lois du changement. Nos cellules se multiplient à chaque instant. Pour le Bouddha, le « Soi » n’existe pas, il est par définition impermanent, mouvant, changeant d’une seconde à l’autre, toujours temporaire, comme le feu qui crépite ou l’eau qui coule.

« Tout ce qui est en haut est comme tout ce qui est en bas »

nous révèle la Table d’Emeraude. Nous sommes bien, tous et toutes, au cœur de ce cycle. En communion même. Comme un trait d’union entre ciel et terre. La Solstice d’Hiver nous rappelle ainsi que nous sommes au cœur d’un cycle temporel qui nous renvoie inexorablement au cycle Vie et Mort.
Notre vocation est, donc, d’être dans ce mouvement de transformation. Nous devons mourir à notre adolescence pour renaître à la vie d’adulte. Nous devons mourir à une relation si nous souhaitons nous ouvrir sur de nouvelles. Nous devons renoncer à certaines croyances pour mettre du nouveau dans nos vies.

C’est ce que nous expérimentons dans la relation thérapeutique. En s’engageant en thérapie, nous nous confrontons bien souvent à des petites morts. Nous déposons ainsi ce qui n’est plus ajusté et nous nous préparons à accueillir du nouveau. Dans un espace sécurisé. En conscience de ce mouvement perpétuel qui nous agit. Des cycles temporels qui nous traversent. C’est un travail d’unification et de rassemblement auquel nous sommes conviés.

« La marche, dit Frédéric Gros, professeur de philosophie à l’université Paris-XII, fait coïncider l’âme, le corps et le monde».

Virginie Comte

« Tu as passé une bonne journée ?….»

C’est une petite phrase toute banale, anodine, passe-partout. Petite phrase que l’on exprime de loin, d’une pièce à l’autre par exemple ou de plus près, à celui, celle ou ceux qui partagent notre existence. Parfois avec légèreté, distance, gravité, inquiétude, curiosité, intérêt ou crispation.

Nos journées ressemblent bien souvent à des marathons. Pour certains, vous parlez de « longs couloirs sombres » dans lesquels la vie personnelle ne s’invite pas. Pour d’autres, c’est vivre « en apnée » du matin jusqu’au soir et parfois même du lundi au vendredi. Le clivage est puissant : on se coupe d’une partie de notre vie au profit de l’autre. Stratégie de réussite ou stratégie de survie ? Les préoccupations, les réunions, les enjeux, les vexations, les idées s’invitent le soir et même tard dans nuit. Il n’y a pas d’espace pour faire vivre les deux simultanément, ne serait-ce qu’en pensée. Vous souvenez-vous de ce terrible fait divers où un père de famille, parti le matin, pour accompagner son enfant à la crèche, l’avait oublié sur le siège arrière de sa voiture, la journée durant. En plein été. Le soleil et la déshydratation ont eu raison de cet enfant de 2 ans …

Alors, notre petite phrase peut prendre tout son sens. Elle permet de nous reconnecter, le soir, à la cellule parentale, familiale, ou à celle et celui qui accompagne notre vie. Je peux ainsi sortir du mode « je » incessant, sclérosant et me tourner vers l’autre. Et entrer dans une relation dialogale : le je-tu. Je suis dans l’ici et le maintenant de l’échange. Je me fais le témoin de cette vie que je partage. Le regard que je lui porte exprime ma façon de concevoir l’autre. De l’aimer. De le respecter. De le reconnaitre.

Que se passe-t-il quand cela vient à manquer ?

  • On peut dire qu’il y a manque lorsque la question est là mais l’attention est ailleurs. L’écoute est distraite. Le regard est perdu. Le corps est tourné vers d’autres occupations. Vraisemblablement, l’intérêt semble se porter sur un ailleurs. Un ailleurs qui parfois prend la forme de télévision, d’ordinateur, ou de lecture. Formidable évitement du contact.

  • Ou encore lorsque la question sert de tremplin pour prendre toute la place au détriment de l’autre. Ecouter l’autre c’est déjà apprendre à faire silence en soi, sans préparer de réponse, sans cogiter sur ce que l’on pense de ce qui se dit, sans associations d’idées qui parlent de nos préjugés et nos croyances. Faire silence en soi c’est donner une chance de recevoir l’autre dans son intégralité et avec intégrité. Gratuitement. Avec générosité.

  • Il y a un manque également lorsque la question n’intervient qu’après avoir exposé par le menu notre journée. La parole est pouvoir. Prendre la parole c’est prendre le pouvoir sur l’autre. Quels messages transmettons-nous à l’autre lorsque nous ne lui laissons que quelques miettes d’espace pour s’exprimer ?

  • Mais aussi le manque peut s’exprimer lorsque cette question se pose à l’un mais pas à l’autre. Un homme m’exprimait son désarroi lorsqu’il observait, étant jeune, que son père demandait régulièrement des nouvelles de sa journée à sa sœur mais rarement à lui. Et lorsque celui-ci réclamait un peu d’attention, il lui assénait un dernier coup « de toutes façons, tu as toujours été jaloux de ta sœur … ».

« Tu as passé une bonne journée ?….» peut être chargé de bienveillance, d’attention, d’intérêt et d’accueil mais il peut refléter également des impasses de contact certaines : maltraitance, évitement, domination, prise de pouvoir …

… De quelle couleur est votre « Tu as passé une bonne journée ?… ».

Virginie Comte