Alcoolisme : feu vert officiel à la prescription de baclofène

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L’Agence du médicament fournit aux médecins un cadre pour délivrer la molécule, déjà utilisée par 100 000 patients. Une décision très attendue.

Les médecins ne seront plus seuls face à la prescription de baclofène pour traiter la dépendance à l’alcool. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a détaillé, vendredi 14 mars, la recommandation temporaire d’utilisation (RTU) qu’elle a décidé d’octroyer dans cette indication – elle sera effective dans les tout prochains jours. C’est une première : jusque-là, le baclofène était prescrit aux patients alcooliques en dehors de son indication initiale, par des médecins assumant seuls les risques en cas de problème.

« Ils seront désormais accompagnés », explique Florent Périn-Dureau, responsable du pôle médicaments du système nerveux central de l’agence. Autorisé en 1974, ce myorelaxant était indiqué dans le traitement des spasmes musculaires, à des doses de 30 à 80 mg par jour. Mais pas pour guérir de l’alcool. Or il est aujourd’hui déjà utilisé dans cet objectif par quelque 100 000 patients, et prescrit par près de 10 000 médecins. Pour eux tous, la décision de l’ANSM est une victoire. « Cette annonce conclut six ans d’efforts », résume Sylvie Imbert, présidente de l’association Baclofène.

DEUX INDICATIONS ASSEZ LARGES

L’ANSM a retenu deux indications assez larges pour les prescripteurs : la diminution de la consommation et le maintien de l’abstinence après l’obtention du sevrage (suite à une hospitalisation par exemple). La prescription ne devra intervenir qu’après échec des traitements déjà autorisés. Les patients déjà sous baclofène continueront logiquement d’être ainsi traités. Tous les médecins (généraliste, psychiatre…) pourront prescrire la molécule. L’agence insiste sur le nécessaire suivi psycho-social du patient et l’expérience du médecin en matière d’alcoolisme.

DEUX MILLIONS DE PERSONNES CONCERNÉES EN FRANCE

L’addiction à l’alcool concerne environ 2 millions de personnes en France et causerait 45 000 décès par an. Le baclofène agit notamment sur le « craving », l’envie irrésistible de boire. C’est le médecin Olivier Ameisen, décédé en 2013, qui a expérimenté sur lui-même le baclofène, qui l’a guéri. La publication de ses travaux, en 2004, était passée inaperçue. Pas son livre, Le Dernier Verre (Denoël), paru en 2008. Des alcooliques l’essayent, deviennent indifférents à l’alcool, et relatent sur Internet leurs expériences. De plus en plus de médecins le prescrivent. D’autres restent sceptiques, voire critiques.

Les chiffres montrent l’engouement, et des résultats intéressants. Entre 2007 et 2012, le nombre de patients qui se sont fait rembourser des boîtes de baclofène a presque doublé (de 67 000 en 2007 à 117 000 en 2012). L’explosion des ventes a conduit l’ANSM à s’auto-saisie. Fin 2013, l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie a mené une enquête auprès de 1 200 patients de son réseau de soins : 9,3 % avaient pris du baclofène au cours des douze mois précédents. Parmi les 700 déclarant prendre un traitement médicamenteux le jour de l’enquête, 11,6 % prenaient du baclofène ; un peu moins de la moitié (43 %) d’entre eux étaient abstinents.

Pour le docteur de Beaurepaire, chef de pôle de psychiatrie à l’hôpital Paul-Guiraud (Villejuif), défenseur et prescripteur de la molécule, le baclofène n’est rien d’autre qu’une « révolution », car « on ne savait pas jusqu’ici soigner les personnes dépendantes de l’alcool ».

Comte Virginie‘s insight:

C’est une bonne nouvelle pour celles et ceux qui luttent contre l’alcoolisme. Compléter le traitement par un travail thérapeutique semble très largement recommandé pour accompagner le processus de guérison.

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Quelle psychothérapie est la plus efficace? | Yves Dalpé | Coin du psy

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On peut diviser la kyrielle de méthodes psychothérapeutiques en deux camps. Les approches qui se centrent sur la résolution de malaises spécifiques et celles qui s’intéressent plutôt à la globalité de la personne du client. Même si j’utilise au besoin des techniques propres aux thérapies cognitivo-comportementales centrées sur des problèmes spécifiques, je suis devenu allergique aux «certitudes» concernant la prétendue supériorité de ces méthodes.

J’ai connu plusieurs modes en psychothérapie. Ces dernières décennies, les tenants de l’approche cognitivo-comportementale ont fait énormément de recherches pour prouver leur efficacité tandis que les praticiens d’autres formes de thérapie ne se sont pas assez souciés de cet aspect. L’approche cognitivo-comportementale a ainsi accaparé l’attention de plusieurs praticiens de la psychothérapie qui pensent bien faire en adoptant ces modèles d’intervention supposément plus efficaces.

De plus, il y a malheureusement insistance sur le court terme en psychothérapie actuellement. Ce qui m’apparaît dommage, car cela peut susciter de faux espoirs. Il ne faut pas être naïf, car personne ne fait de miracle ni de magie. Comme la psychothérapie est une forme d’apprentissage, elle requiert du temps comme tout autre apprentissage. Des attitudes incrustées depuis toujours ont besoin d’être identifiées plus d’une fois et explorées de multiples façons avant d’être changées.

Aux États-Unis, Shedler a démontré de façon magistrale l’efficacité de la thérapie psychodynamique. Celle-ci permet aux clients de prendre le temps d’aller au fond des choses au lieu de s’en tenir à leurs symptômes. Et en ce qui concerne les afflictions les plus communes comme la dépression et l’anxiété généralisée, elle permet aux clients de conserver leurs acquis après la fin de la psychothérapie contrairement à d’autres formes de psychothérapie.

 

D’autre part, des chercheurs ont constaté que les éléments essentiels utilisés en thérapie psychodynamique sont souvent utilisés par les cliniciens compétents qui se réclament d’autres approches thérapeutiques. On a même découvert que l’explication fondamentale du succès d’autres approches reposait justement sur l’adhérence du clinicien à certaines méthodes de l’approche psychodynamique.

Je suppose que la même constatation s’applique à l’approche humaniste-existentielle avec son emphase sur les attitudes relationnelles et particulièrement l’empathie. D’ailleurs, la recherche démontre que c’est la qualité de la relation thérapeutique entre le client et l’intervenant qui est l’élément le plus puissant en regard des résultats thérapeutiques (Costello). En passant, une étude récente (Greenberg) démontre l’importance de mettre l’accent sur l’expression des émotions en psychothérapie, peu importe l’approche thérapeutique adoptée par l’intervenant. Je me réjouis donc de la remontée actuelle de la popularité de la tradition humaniste en psychothérapie aux États-Unis.

Comte Virginie‘s insight:

La Gestalt-Thérapie trouve son origine dans la philosophie phénoménologique et existentielle. Elle est dite humaniste, holistique, corporelle et expérientielle. La méthode se centre sur l’analyse d’instant en instant du "contacter" et la construction du sens pour contribuer à élargir la conscience que le patient a de son vécu. Le travail se fait à deux : c’est ce lien unique entre le patient et le thérapeute qui soigne et guérit …

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Plus de 3 millions de Français au bord du burn-out

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Plus de 3 millions d’actifs courraient un risque élevé d’épuisement professionnel. Faut-il mieux reconnaître cette dépression liée au travail ?

Technologia s’est fondé sur un sondage mené auprès de 1 000 actifs. Il en ressort que 12,6 % d’entre eux encourent un burn-out, ce qui, rapporté à l’ensemble de la population, porte le nombre de personnes concernées à 3,2 millions d’actifs.

Le cabinet d’experts, qui est notamment intervenu chez France Télécom après la vague de suicides de 2008-2009, relève que le risque de burn-out, caractérisé par un travail excessif et compulsif, est particulièrement élevé chez les agriculteurs (23,5 %), devant les artisans, commerçants et chefs d’entreprise (19,7 %) et les cadres (19 %). Viennent ensuite les ouvriers (13,2 %), les professions intermédiaires (9,8 %) et les employés (6,8 %).

Cette affection touche des personnes sans antécédents psychiques et les pathologies « ne concernent que la sphère professionnelle », écrit Technologia. Selon ces experts, le lien « direct et essentiel » avec le travail est établi. Or, le cabinet note que ces affections sont « très difficilement reconnues » vu le flou sur la définition clinique de ce syndrome et l’absence de tableaux de maladies professionnelles spécifiques.

 

Comte Virginie‘s insight:

Ce burn-out est un phénomène nouveau, en lien avec les évolutions sociales. Les machines remplacent les hommes, la pénibilité au travail semble se réduire et pourtant …une nouvelle forme de pénibilité dite "psychologique" commence à apparaitre.

Au départ, c’est le corps qui exprime une grosse fatigue, un sentiment d’épuisement. Puis des manifestations psychiques peuvent émerger, sous différentes formes : indécision, impatience, oubli de soi, instabilité, angoisse, nervosité, difficultés de concentration, sentiment d’incompétence professionnelle, perte de valeurs, désintérêt et perte de sens pour le travail que l’on occupe, abattement, ennui, désorientation …etc. Le phénomène est progressif et on peut identifier 3 stades :

– l’épuisement émotionnel

– la déshumanisation de la relation à l’autre

– le sentiment d’échec professionnel, la culpabilité

Les études qui ont été faites par C. Malasch démontrent que le burn-out est lié à l’environnement humain. Il résulte du décalage entre l’individu et son environnement : plus l’interaction entre les deux va manquer d’harmonie plus il y a risque de burn-out.

 

Le meilleur moyen d’éviter un burn-out est la prévention primaire : gérer de façon équilibrer ses différents temps de vie. Respecter également l’équilibre entre ce que j’ai envie de faire, ce qu’on me demande de faire et ce qu’il est impératif de faire.

Si vous vous reconnaissez dans les symptômes ci-dessus cités, pensez à consulter : coach, thérapeute, DRH, médecin du travail. Ne restez pas seul !

 

 

 

 

 

 

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Phobies, stress, anxiété. Gérer ses peurs au quotidien – YouTube

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D’où vient la peur ? Pourquoi avons-nous peur? En quoi cette émotion particulière est-elle utile dans notre vie de tous les jours. L’anxiété est une émotion …

Comte Virginie‘s insight:

Si vous êtes sujets à de l’agitation ou la sensation d’être survolté ou bien si vous ressentez une forme certaine de fatigabilité ou de difficulté à vous concentrer ou d’irritabilité ou de tensions motrices ou de perturbation du sommeil, vous faites peut-être partis des 5% de la population présentant des Troubles Anxieux.

Peu de personnes consultent pour cela, pensant que ce sont des traits en lien avec leur personnalité et ce trouble passe souvent inaperçu.

Ce qui caractérise le Trouble Anxieux est cette inquiétude, forme d’anxiété flottante et envahissante, qui est présente en permanence dans le quotidien. Cette inquiétude est souvent associée à une perte d’énergie et développe des croyances erronées. Il peut croire que cette inquiétude va lui permettre de se protéger de la réalisation de certains évènements ou bien de régler certains problèmes.

Les conséquences peuvent être plus ou moins graves : absentéisme professionnel, consultations médicales croissantes, anxiété sociale mais aussi abus de drogue, d’alcool ou de médicaments, tentative de suicide, cancer …

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Troubles alimentaires: déceler l’obsession | Claudette Samson | Santé

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La présence d’un trouble alimentaire ne se traduit pas uniquement à travers un corps émacié. C’est souvent derrière une foule de petites stratégies d’apparence anodine…

Quand votre meilleure amie se met à refuser les invitations au restaurant, que certains sujets alimentaires deviennent obsessifs ou, au contraire, tabous, qu’elle semble avoir développé toutes sortes de petits rituels, manger très lentement, couper sa nourriture en bouchées minuscules, qu’elle refuse un nombre croissant d’aliments, qu’elle se découvre tout à coup une foule d’intolérances, au gluten, au lactose, qu’elle se met à faire de l’exercice de façon effrénée, ou, bien sûr, qu’elle perd du poids de façon importante, il y a lieu de se poser des questions.

Bien sûr, faire de l’exercice et chercher à avoir un poids santé sont des comportements louables, dit le psychologue François Bernier. Mais là où une lumière jaune doit s’allumer, c’est lorsqu’ils deviennent obsessifs que tout le quotidien tourne autour de ces objectifs. Quand la vie devient une foule d’interdits, que le plaisir cède toute la place au perfectionnisme et au contrôle…

Perceptions faussées

Les perceptions peuvent être à ce point faussées que même les personnes en état d’anorexie, ayant atteint une extrême maigreur, peuvent se trouver grosses.

Au début, les raisons d’amorcer un changement peuvent être légitimes. «On le voit en thérapie, les gens ne sont pas de mauvaise foi.» Ils ont commencé à faire de l’exercice pour être en forme, sont devenus végétariens par réelle conviction. Mais quand leur nouvelle vie est devenue un «régime» de privation, ils ont dévié vers le déséquilibre.

La base première du traitement d’un trouble alimentaire est aussi simple que brutale : l’exposition alimentaire. Comme celui qui a une phobie des ascenseurs ne pourra vaincre sa peur qu’en s’y exposant peu à peu, celui qui a développé une «peur» de la nourriture devra réapprendre à manger normalement.

Un réapprentissage qui se fait dans un cadre thérapeutique en traitant aussi bien la dimension émotive que les gestes du quotidien.

Comte Virginie‘s insight:

Observez votre façon d’être à table et vous verrez apparaitre votre façon d’être au monde. Tout est dit. Manger parle de notre capacité à "agresser" notre environnement. Ou pas. Lorsque je mange, je mâche et mastique des aliments : je les détruis. Cette agressivité saine est indispensable à notre survie. J’accepte ainsi de faire entrer une petite partie de l’univers qui deviendra moi. Agresser devient ainsi source de croissance.

Bon appétit !

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Un modèle de régulation des émotions pour expliquer la dépression et l’anxiété | PsychoMédia

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Dans les récentes années, il y a eu un intérêt croissant en thérapie cognitivo-comportementale pour le rôle que joue la régulation des émotions dans la vulnérabilité à une grande diversité de troubles psychologiques, rapporte le psychologue américain Robert L. Leheay dans Cognitive and Behavioral Practice (2012).

Il propose un modèle décrivant les processus par lesquels des stratégies mal adaptées de régulation des émotions seraient liées au développement de troubles psychologiques.

Ces stratégies mal adaptées incluent par exemple, la rumination, l’inquiétude excessive, la boulimie, la suppression des émotions, l’abus de substances et d’autres formes d’évitement de l’expérience intérieure.

Son modèle (1) repose sur le modèle métacognitif d’Adrian Wells présenté dans la figure suivante:

Imaginons, par exemple, qu’une émotion telle que la colère est « activée ». La première étape consiste à lui porter attention. Deux voies peuvent alors être suivies, selon que la personne estime normal ou anormal de ressentir cette émotion.

Si la personne normalise son émotion, elle peut rapidement l’accepter, l’exprimer, s’adapter et apprendre. Si elle estime anormal et inapproprié de ressentir l’émotion, elle peut la « pathologiser ». Elle peut par exemple, face à l’inconfort de cette émotion, choisir le chemin de l’évitement, ce qui peut avoir pour conséquence des processus de dissociation, la boulimie, l’abus d’alcool ou l’engourdissement émotionnel…. Parce que l’émotion (ou l’expérience qui a mené à cette émotion n’est pas adéquatement traitée (« processed »), la personne peut sentir une perte de contrôle de ses émotions et avoir ainsi l’impression que ces dernières dureront longtemps. Ce qui peut mener à la rumination ou l’inquiétude, l’évitement des situations problématiques ou le blâme sur autrui. Un ensemble d’interprétations négatives des émotions peuvent susciter une culpabilité et un sentiment d’impuissance. Les émotions semblent incompréhensibles et ne peuvent être acceptées.

Leheay propose 14 dimensions, qu’il appelle schémas émotionnels, qui peuvent décrire les différences individuelles dans la façon de répondre aux émotions. Ces schémas émotionnels désignent des plans, des concepts, des croyances, des stratégies qu’une personne peut employer en réponse à une émotion.

Mentionnons qu’un autre modèle, utilisé en thérapie cognitive, qui met l’accent sur l’importance de l’acceptation des émotions est celui de la flexibilité psychologique développé par Steven C. Hayes et ses collègues. Ce modèle est à la base de la thérapie d’acceptation et d’engagement.

Psychomédia avec sources:
Robert L. Leahy (2012), Emotional Schemas, Emotion Regulation, and Psychopathology, International Journal of Cognitive Therapy.
Robert L. Leahy (2002), A model of Emotional Schemas, Cognitive and Behavioral Practice.

Comte Virginie‘s insight:

En Gestalt-Thérapie, les émotions, les éprouvés sont au centre du travail et ce dans l’ici et le maintenant de la séance. C’est à partir de ce qui se vit, se joue que nous pouvons à deux, prendre conscience de la façon dont un traumatisme peut se répéter au quotidien. Nous nous intéresserons ainsi beaucoup plus au "comment" qu’au "pourquoi".

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Agir pour ne pas sombrer

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Le coin du coach. Ennui, lourdeur, manque d’estime de soi, impression de stagner dans ses fonctions professionnelles et dans ses aptitudes personnelles, tout cela envahit et déprime. Choisir de passer à l’action reste le seul remède.

Depuis son retour des vacances de Noël, Valérie ne retrouve pas sa motivation au travail. A 38 ans, elle s’ennuie dans son poste au service Ressources humaines et rêve entre deux réunions à d’autres évolutions de carrière sans jamais réussir à s’impliquer dans son quotidien.

Comme beaucoup de salariés, Valérie glisse lentement mais sûrement dans le présentéisme, le visage caché de l’absentéisme. Le salarié est présent physiquement mais psychiquement absent. Certains s’efforcent même de donner l’impression qu’ils travaillent alors qu’en réalité ils en font le moins possible.

Une présence qui traduit un désengagement. Crainte de perdre son emploi, angoisse de la précarité, difficulté à boucler les fins de mois, pression galopante au bureau, fermeture de sites, fusions et restructurations, tout concourt aujourd’hui à considérer son travail plus pour sa feuille de paye que pour une satisfaction personnelle.

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Peut-être éprouvez-vous également le besoin de faire un bilan de votre vie, de réinventez votre équilibre et d’être acteur et responsable de ce que vous vivez … 

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« Il faut apprendre à respecter le vide »

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INTERVIEW – Pour le psychanalyste Moussa Nabati, l’hyperactivité qui caractérise notre société risque de déposséder beaucoup de nos contemporains de leur intériorité. Il publie Comme un vide en moi. Habiter son présent.

LE FIGARO. – L’hyperactivité et l’angoisse du vide que manifestent beaucoup de nos contemporains sont-elles selon vous uniquement liées au contexte sociétal?

Moussa NABATI. – Non, je ne crois pas. N’étant pas rétrograde, je considère d’ailleurs qu’il y a beaucoup de positif dans ce que nous propose la société actuelle: les libertés, les nouvelles technologies, les médicaments qui permettent de se soigner… Tout cela améliore nos vies. Cependant, se pose un problème de limites pour certaines personnes, et c’est là que le bât blesse. Cette profusion tous azimuts risque de déposséder beaucoup de nos contemporains de leur intériorité. En tant que psychanalyste, j’observe notamment ce décentrage chez ceux qui sont dominés par leur «enfant intérieur». Ils vivent dans le besoin d’être reconnus et l’illusion qu’ils seront comblés par une consommation d’objets, d’activités ou de relations «bouche-trous». C’est alors que les produits proposés par notre société peuvent devenir envahissants.

Il y aurait donc de l’infantile dans l’incapacité à se recentrer?

La théorie que je développe dans mes livres est que certains d’entre nous (assez nombreux, je dois dire) ont vécu à un moment de leur enfance une «carence matricielle» quand leur mère, ou l’adulte qui s’occupait d’eux, s’est montré psychologiquement indispo­nible – et ce pour de multiples raisons qui ne doivent pas culpabiliser les mères. Ce peut être le fait d’une maman compétente mais qui, trompée, a sombré dans la déprime, ou une mère qui avait des ennuis dans son travail, etc. Dans ces périodes, l’enfant a fait l’expérience d’un vide de nourriture affective. L’adulte qu’il sera devenu aura tendance à fuir anxieusement toutes les situations qui évoquent de près ou de loin ce vide, et à quêter frénétiquement ce qui peut le combler: activités à outrance, hyperconsommation de télé, Internet, etc.

La psychanalyse seule peut-elle libérer la personne d’un tel trouble?

Absolument pas. La psychanalyse aide essentiellement à prendre conscience de ce traumatisme vécu dans l’enfance ; les thérapies cognitives et comportementales, elles, ou le développement personnel, cherchent à apprendre au patient des manières de penser pour s’en libérer. Je crois plutôt à un compromis entre ces deux approches, que j’appelle la «compréhension incarnée». Il faut d’une part avoir cherché les raisons de son incapacité à affronter le vide, mais aussi mettre en place dans sa vie certaines mesures nées de ce qu’on a appris sur cette difficulté à «freiner» dans certaines situations, afin de transformer son vide en source d’énergie.

Comte Virginie‘s insight:

Le vide est très souvent présent en travail thérapeutique. J’observe combien il est difficile à regarder. En face. Combien il peut générer de l’angoisse. Mais je sais aussi que savoir se tenir face à ce vide, l’accueillir aussi peut être source de croissance et d’énergie. Le vide peut être fertile.

Et à vous, qu’est-ce-que le vide vous évoque ?

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Jusqu’à quand sera-t-il possible de mourir de chagrin en France ?

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Une allée du cimetière du Père-Lachaise à Paris. | Till Krech (Flickr)

 

Le deuil est mauvais pour la santé. Les données sont connues des scientifiques depuis 20 ans mais elles sont peu diffusées auprès du grand public. Après le décès d’un être cher, nos problèmes de santé augmentent, mais pas seulement par maladies physiques. Deux principaux problèmes psychiques sont couramment ignorés : la survenue d’un épisode dépressif majeur et l’installation d’un deuil compliqué.

Il est dommage que l’on ne reconnaisse pas la souffrance du deuil. Mais le deuil en France est un tabou. Parler du deuil ? « Les Français n’ont pas besoin d’entendre parler de ça en ce moment ». C’est seulement le 2 novembre que ces réticences sont levées pour un jour. Pourquoi ce silence ? Parler du deuil n’a qu’un seul objet : parler du survivant.

Que le deuil puisse entraîner un véritable état dépressif est une évidence. Oui ! On peut être déprimé pendant et après un deuil et, contrairement à ce qui a été décrit auparavant, le deuil « n’exclut » pas le diagnostic de dépression. Quoi de plus évident en effet que de penser que les envies de suicide, les tentatives de suicide ou l’alcoolisation massive ne peuvent pas s’expliquer par la stricte perte d’un être cher  et ne peuvent pas être attribuées à un « deuil normal »? La nouvelle classification des maladies mentales de l’Association américaine de psychiatrie dans sa 5ème version (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux ou DSM-5) a eu le mérite de reconnaître en mai 2013, pour la première fois depuis sa première édition en 1952, l’essentiel des données sur le deuil. Or, nombreux furent ceux qui ont diabolisé sans discernement le DSM-5. Celui-ci pourtant redoublait de prudence en répétant plusieurs fois toutes les précautions2 qu’il fallait prendre pour porter un diagnostic de dépression en cas de deuil, en énumérant les symptômes habituels et donc « normaux » du deuil.

LE « DEUIL COMPLIQUÉ »

Mais le principal tabou concerne la maladie du « cœur brisé » au sens figuré, qui prolonge la souffrance handicapante du deuil des années durant et semble faire artificiellement vivre le défunt. Car, oui ! Il existe une maladie du deuil chronique, le « deuil compliqué », différent de la dépression. Est-ce si inconnu ? Partout dans la littérature, depuis des siècles, on raconte ce père « inconsolable », ce fils « à jamais seul », ce frère « amputé de l’être aimé ». Ni eux ni les témoignages nombreux des associations d’endeuillés n’ont modifié l’anonymat douloureux de celui dont la peine ne passe pas.

Toute cette souffrance est ignorée car l’on confond leur tristesse envahissante avec un chagrin  » normal « . On moque leur « état de manque » du défunt : « Tu es en vie, tu n’as pas le droit de te plaindre », leur dit-on. « Fonce, ne regarde pas en arrière ». Or, des études de très bonne qualité scientifique expliquent que ces conseils sont souvent insuffisants. En effet, la mortalité des veuves et des veufs est doublée dans l’année qui suit le décès. Le deuil d’un enfant est à risque sévère de complications psychiatriques chez les parents qui ont deux à quatre fois plus de risque de décéder dans les deux années qui suivent. Ce risque se maintient à un niveau anormal pendant 20 ans. Le fait que l’endeuillé soit jeune, ou au contraire d’un âge élevé, favorisent la survenue du deuil compliqué. Les décès par cancer et les décès brutaux (et pas seulement par suicide) sont autant de facteurs de risque de deuil chronique. Plus la relation au défunt est longue, plus le risque augmente. Pour tous ceux-ci, le chemin de deuil a plus de risque de les mener à l’impasse. Plusieurs descriptions de signes désormais très proches qualifient le même phénomène : l’existence d’un « état de manque intense du défunt » qui condamne l’endeuillé à une vie de souffrance et au handicap.

COMMENT VIVRE SANS L’AUTRE ?

Le deuil est une rupture d’attachement, une déchirure intime. Parce que la douleur est le prix à payer à l’attachement, il n’y aurait plus rien d’autre à faire. Des études scientifiques menées en Allemagne et au Japon ont découvert que de 3,7%6 à 2,4% de la population souffraient de deuil compliqué. La projection de ces chiffres permet d’évaluer le nombre de personnes en grande souffrance en France entre 1,4 et 2,2 millions. Le DSM-5 reconnait également l’existence d’un deuil compliqué – qu’il appelle « deuil complexe et persistant » – lorsque l’handicap persiste ou s’aggrave un an après la perte. Cependant, les critères diagnostiques ne sont pas arrêtés définitivement car certaines questions nécessitent d’autres études : par exemple, quel est le délai minimum après le décès pour affirmer que la souffrance et l’handicap sont anormaux? Un an comme le propose le DSM-5 ? Un chercheur de l’Université de Yale a montré que dès 6 mois après le décès, un état grave prédisait une évolution défavorable. Cette question a peu d’impact actuellement car la plupart des patients viennent consulter plusieurs années après le décès, là où le doute n’est plus de mise.

 

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Perdre un être cher nous plonge dans cette "courbe du deuil" théorisée par la célèbre psychiatre américaine Elisabeth Kübler-Ross : déni, colère, marchandage, dépression et enfin acceptation. Mais, nous pouvons également traverser cette souffrance lorsque nous devons faire face à un divorce, un licenciement voire même un déménagement ! Bref, le changement n’est pas toujours pour maintenant et il nécessite bien au contraire d’accepter de prendre du temps pour avancer en conscience dans ce qui se joue ….

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Semaine de sevrage numérique: faire le vide pour appréhender le trop plein – Le Devoir (Abonnement)

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Le vide permet parfois d’appréhender le trop. C’est en tout cas ce que croit le magazine Adbusters, spécialiste de la campagne qui déstabilise et de la question qui dérange.

Depuis lundi et jusqu’à dimanche prochain, il invite en effet les humains ayant déplacé une partie de la sociabilité dans les univers dématérialisés à se détacher complètement de tous leurs objets connectés dans le cadre d’une «semaine de sevrage numérique» — Digital Detox Week, comme on dit au pays de Facebook. Le but? Prendre conscience, par l’excès inverse, de cette obsession très contemporaine pour la surconnexion qui finit par nous déconnecter du réel, tout en attisant narcissisme et voyeurisme chez l’internaute, estiment les instigateurs de cet appel au débranchement.

Le projet, qui entre dans sa deuxième journée aujourd’hui même, s’accompagne d’une série de défis à relever ou de réflexion à mener sur notre présent numérique. 

Adbusters invite au passage les aspirants au sevrage à se détacher tout autant des autres réseaux qui, par effet d’entrainement, ont tendance à réduire l’humain à sa dimension purement consommante, tout en abusant de ses faiblesses: l’angoisse de la solitude, l’exhibitionnisme, le voyeurisme, la vanité…

La résistance de l’esprit

Ce goût de l’éloignement des technologies semble dans l’air du temps à en croire les nombreuses expériences de détachement technologique ou appel au sevrage numérique qui ont retenti sur le Web depuis la fin de l’année dernière.

Morceaux choisis: en décembre dernier, Arianna Huffington — la madame derrière le site de nouvelles du même nom — s’est lancée avec trois de ses amis un défi de la déconnexion: une semaine loin des nouveaux objets numériques du quotidien qui instaurent sournoisement leur régime de dépendance. Elle a choisi la période des fêtes pour rendre l’exercice est peu moins compliqué.

La semaine dernière, Teddy Wayne du New York Times a relaté une mise à distance similaire qui lui a permis d’expérimenter, raconte-t-il, le principe du FOMO — Fear of missing out, en anglais, cette peur de manquer quelque chose qui s’installe lorsque l’on prend conscience que le monde numérique continue de tourner sans nous. Il a aussi renoué avec le papier, a triché deux fois, et pris le temps de réfléchir malgré tout sur l’ensemble des mutations sociales induites par des outils et surtout des usages dont les conséquences deviennent visibles surtout lorsqu’on cesse d’avoir le nez collé dessus, l’instant d’une semaine!

 

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Pour se reconnecter avec soi et réhumaniser notre environnement : je vote pour la semaine du sevrage numérique !

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