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Petite mort pour grande renaissance

Au fur et à mesure que les journées se raccourcissent, nous nous approchons du Solstice d’Hiver. A travers l’étude des solstices, nous découvrons que l’Univers et l’existence humaine sont régis par des cycles. Jour et nuit. Croissance et décroissance. Systole et diastole. Eté et hiver. Vie et mort. Au travers de ces trois derniers mois de l’année, avec cette lumière qui décroît, avec cette nature qui se retire, avec l’approche de la fin de l’année nous expérimentons une ou plusieurs petites morts.

Car rien n’est stable dans ce monde, tout bouge. Le temps change d’une minute à l’autre. La terre tourne irrémédiablement autour du soleil et opère une rotation sur elle-même. L’univers évolue et tout ce qu’il contient aussi : les étoiles notamment. Ce qui est vrai au niveau macroscopique est vrai au niveau microscopique. Si vous regardez de façon atomique une table que nous pouvons tous imaginer immobile, nous verrons ses atomes vibrer, ses électrons bouger. Nous vivons dans un environnement en perpétuelle évolution.
Nous-mêmes sommes soumis aux mêmes lois du changement. Nos cellules se multiplient à chaque instant. Pour le Bouddha, le « Soi » n’existe pas, il est par définition impermanent, mouvant, changeant d’une seconde à l’autre, toujours temporaire, comme le feu qui crépite ou l’eau qui coule.

« Tout ce qui est en haut est comme tout ce qui est en bas »

nous révèle la Table d’Emeraude. Nous sommes bien, tous et toutes, au cœur de ce cycle. En communion même. Comme un trait d’union entre ciel et terre. La Solstice d’Hiver nous rappelle ainsi que nous sommes au cœur d’un cycle temporel qui nous renvoie inexorablement au cycle Vie et Mort.
Notre vocation est, donc, d’être dans ce mouvement de transformation. Nous devons mourir à notre adolescence pour renaître à la vie d’adulte. Nous devons mourir à une relation si nous souhaitons nous ouvrir sur de nouvelles. Nous devons renoncer à certaines croyances pour mettre du nouveau dans nos vies.

C’est ce que nous expérimentons dans la relation thérapeutique. En s’engageant en thérapie, nous nous confrontons bien souvent à des petites morts. Nous déposons ainsi ce qui n’est plus ajusté et nous nous préparons à accueillir du nouveau. Dans un espace sécurisé. En conscience de ce mouvement perpétuel qui nous agit. Des cycles temporels qui nous traversent. C’est un travail d’unification et de rassemblement auquel nous sommes conviés.

« La marche, dit Frédéric Gros, professeur de philosophie à l’université Paris-XII, fait coïncider l’âme, le corps et le monde».

Virginie Comte