Hypocondrie – Peur d’être malade

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Nous avons tous peur de tomber malades, mais certains sont obsédés par cette idée. Ils souffrent d’hypocondrie, un mal souvent incompris par l’entourage.

L’hypocondrie

La maladie, ma chère maladie, que serais-je sans toi ? s’interroge le malade imaginaire de Molière. En réalité, il souffre d’une inquiétude obsessionnelle et injustifiée pour sa santé, qui persiste malgré les propos rassurants des médecins et l’absence totale d’atteinte physiologique décelable. En un mot, l’hypocondrie.

Dans l’hypocondrie majeure, explique le psychiatre Bernard Brusset, « la personne réduit son identité à sa maladie, qui devient un objet d’amour et de haine. C’est une pathologie du narcissisme, un repli sur soi complet. La sexualité, le rapport à l’autre, le monde extérieur sont désinvestis. On s’approche des mécanismes de la paranoïa, mais là le sujet est persécuté par un organe considéré comme anormal ». Heureusement, les préoccupations hypocondriaques sont souvent plus proches des névroses et de la dépression. C’est une manière de “figurer” l’angoisse, de la lier, car un danger repérable et localisé comme un cancer est plus supportable qu’un danger permanent, diffus. Il faut distinguer également l’hypocondrie transitoire, une crainte passagère qui peut suivre le décès d’un proche ou une émission sur le sida, ainsi que les peurs qui se développent après une maladie grave réelle, stabilisée, mais dont on craint une récidive.

Selon les psychiatres, l’hypocondrie a une origine psychodynamique. Souvent, les personnes qui en souffrent ont connu des carences affectives précoces, un deuil, une séparation. D’autres ont eu des parents qui les emmenaient chez le médecin au moindre bobo, engendrant un sentiment de vulnérabilité et d’insécurité à l’égard de leur corps.

Pour certains psychanalystes, elle découle d’un manque d’estime de soi. La maladie, forme acceptable de l’échec, vient masquer un profond sentiment d’impuissance, de nullité. Les angoisses hypocondriaques sont d’ailleurs assez fréquentes à l’adolescence et à la ménopause, car ces périodes provoquent une profonde remise en cause de l’image de soi. Les thérapeutes familiaux, eux, considèrent l’hypocondriaque comme le porteur des symptômes, celui sur qui les autres membres de la famille reportent leur stress.

Quant à Michèle Freud, psychothérapeute et sophrologue, « la souffrance hypocondriaque est due aux exigences de la vie quotidienne. C’est une phobie à laquelle des manifestations corporelles viennent s’ajouter : palpitations, douleurs musculaires et attaque de panique sont alors dues au surcroît de l’activation du système nerveux autonome, c’est-à-dire le stress. »

Comte Virginie‘s insight:

Reconnaître et identifier cette pathologie est un des premiers pas pour s’en sortir. Le rôle du thérapeute sera donc fondamental : entendre la plainte et la forte anxiété du patient comme préambule à tout travail. Ensuite, l’attention devra porter aussi bien sur la tête que sur le corps puisqu’en général les symptômes partent du corps pour aboutir à une crise d’angoisse.

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