Cultivez la paresse pour renouer avec l’envie de travailler – HBR

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Vous regardez tourner d’un œil morne l’horloge en vous disant que le temps passe vraiment très lentement.

Vous trouvez aussi que les dossiers, eux, s’entassent vraiment très vite sur votre bureau. Mais où aller chercher cette belle énergie qui, il n’y a pas si longtemps, vous faisait prendre le chemin du travail en sifflotant ? Dans le fond d’un thermos de café bien noir ? Dans le regard lui aussi très noir de votre supérieur ? Et si vous alliez plutôt la trouver au fond d’un hamac ?

L’expérience indique que la paresse est un excellent déclencheur d’envie de travailler, et nous le savons depuis longtemps. En 1880, en effet, l’université de Harvard a proposé à ses enseignants de prendre une année sans charge de cours pour cultiver de nouvelles envies. Le résultat a été stupéfiant. L’année sabbatique a décuplé leur productivité scientifique. Ils ont publié des articles de meilleur niveau, rencontré des équipes de recherche dans le monde entier et trouvé de nouveaux centres d’intérêt.

Eviter la petite névrose du dimanche et la grande névrose des vacances 

Le repos protège de la dépendance au travail qui est une passion triste, une passion qui balaie tout sur son passage : motivation, efficacité et sens du travail en équipe. Ceux qui ne tolèrent pas le repos ni le farniente finissent par travailler seuls et en vain, sans autre but que de se maintenir dans un état d’épuisement qui les rassure. Toutes les autres envies leur paraissent fades et bien moins importantes que le dernier dossier à boucler. Ils vivent ce que le psychanalyste Sándor Ferenczi appelait « la petite névrose du dimanche en attendant la grande névrose des vacances ». A l’inverse, les grands travailleurs sont presque tous des hommes ou des femmes qui savent de temps à autre faire retraite. Ils se protègent par des temps d’inaction. Dans leur villa des champs, leur antre de montagne, leur plage solitaire, ils se refusent à tous les liens, et même ceux de l’affection et de l’amitié. Là seulement, événements et émotions peuvent retrouver la place que leur fait perdre le travail permanent.

Pas plus de 90 minutes de travail d’affilée pour rester motivé

Nos cycles de concentration durent quatre-vingt-dix minutes au maximum. Au bout de ce temps, nous avons besoin de changer d’activité. Les personnes les plus productives, que ce soit les musiciens, les acteurs ou les joueurs d’échecs, limitent leurs sessions d’entraînement et de répétition à quatre-vingt-dix minutes.

Tout ce qui permet de se relaxer, de se détendre ou de faire baisser la pression professionnelle protège l’envie de travailler.

Le sommeil est un facteur important. Un entraîneur de basket a montré qu’en faisant dormir son équipe 10 heures par nuit, il améliorait leurs résultats. Ses basketteurs marquaient 9 % de plus de points.

Siestes sur ordonnance

Un spécialiste en psychologie de la productivité, Tony Schwartz, a pour sa part développé une compétence étonnante : il organise des siestes en entreprises. L’idéal selon lui serait de pouvoir s’offrir entre 19 et 40 minutes de sieste ou même jusqu’à 90 minutes pour augmenter sa mémoire et ses envies de création. Google et Coca-Cola imposent et organisent la sieste dans leurs bureaux. Elles autorisent leurs salariés à se détendre dans des espaces de ressourcement. Ils peuvent y manger, méditer, jouer ou dormir.

La meilleure manière d’en faire plus est d’essayer de passer un peu moins de temps à travailler. Tout ce qui ressource rend plus productif et plus motivé. Recréer l’envie de travail impose de se ménager, dans la semaine, dans l’année et même dans une journée de travail des moments de déconnexion, des petites fugues dont on revient avec un désir requinqué.

Exercices de paresse productive

– Voler une heure dans l’après-midi pour aller se promener

– Déjeuner à l’extérieur les jours où l’on travaille

– Partir plus tôt de son travail une fois par semaine

– Se coucher plus tôt de temps en temps ou faire une grasse matinée,

– Ne pas emporter de travail en vacances

– Cultiver ses loisirs inutiles comme une protection de l’envie de travail

– Instaurer, seul ou en réunion, des temps de non interruption

– Ne pas dépasser 90 minutes de concentration de suite sans un moment de détente

Ces méthodes simples, mais efficaces, sont détaillées dans le livre : « Réveillez vos désirs », publié aux éditions Plon, en février 2014.

Par Michel Lejoyeux

Comte Virginie‘s insight:

Cela me renvoie pour ma part à la notion de plein, de trop plein même parfois que nous pouvons observer dans nos vies. Or, le plein n’a pas de sens, s’il n’y a pas la possibilité de cultiver le vide. Ce serait comme considérer la lumière sans l’ombre, la vie sans la mort, l’attachement sans la séparation.

Nous vivons des cycles qui nous permettent de nous engager pleinement, de vivre du plein (du plein contact, du plein travail, du plein de nourriture… par exemple) mais cet engagement nécessite une phase de désengagement pour prendre le temps de l’assimilation. Je vais prendre le temps de savourer un bon repas, le digérer, l’assimiler, retrouver du vide en moi pour ressentir à nouveau la faim et l’envie !

 

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